• Raymond et Lucie Aubrac,

    le courage d'espérer et de lutter

    Par Ségolène Royal

     

     

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    Raymond Aubrac nous a quitté. Il fut, sa vie durant, un homme de conviction et d’engagement, attaché à transmettre aux générations suivantes les idéaux toujours actuels de la Résistance et les valeurs de justice sociale qui doivent rester de solides repères pour agir dans le monde d’aujourd’hui.
    Il a rejoint Lucie Aubrac, compagne de toute une vie et de tous les combats.
    Ensemble, quand la France était au plus bas, ils eurent le courage d’espérer et de lutter.

    Nommé à 30 ans, en 1944, commissaire de la République à Marseille, il eut la passion de reconstruire le pays.Compagnon de route des communistes, il sut prendre la mesure des crimes du stalinisme. Il s’impliqua aux côtés des pays qui refusaient la domination coloniale et voulaient tracer eux-mêmes leur propre route. Juif dont les parents furent assassinés à Auschwitz, il prit fermement position pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

    Avec d’autres qui furent, comme lui, de grands Résistants, il s’insurgea contre le démantèlement du pacte social de la République refondée à la Libération et appela avec force à défendre, ici et maintenant, le socle de droits proclamés par le programme du Conseil national de la Résistance.

    Passeur de mémoire, il refusait la récupération.

    Aux plus jeunes, il disait d’expérience qu’il ne faut jamais partir battus.

    Solidement ancré à gauche, défenseur de notre laïcité républicaine, citoyen actif jusqu’à ses derniers jours, il nous laisse le bel héritage de la droiture, du courage et de la fidélité à soi-même.

    Ségolène Royal
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    Un grand témoin n’est plus. Raymond Aubrac

    faisait cause commune avec Lucie, décédée il y a cinq ans.

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    Comme l’écrit Jean-Pierre Chevènement*, Avec Raymond Aubrac, disparaît la dernière grande figure d’une Résistance héroïque grâce à laquelle le fil de notre Histoire ne s’est pas rompu. Raymond Aubrac, Lucie sa femme, Serge Ravanel et quelques autres ont sauvé pour nous, derrière bien sûr la grande figure tutélaire du général de Gaulle et de ses compagnons de la France Libre, la fierté d’être Français. Ma première pensée va à ses enfants et petits-enfants.


    Il me paraît juste de rappeler qu’à côté du patriotisme, l’engagement politique de Raymond Aubrac a été aussi pour quelque chose dans son choix de la Résistance.


    Raymond Aubrac, depuis plus de trente ans, était devenu pour moi un ami. Je n’oublierai jamais la confidence qu’il m’a faite lors de l’un de nos derniers entretiens : « L’exigence des jeunes est le reflet exact du niveau d’ambition de la nation ».


    Elle vaut rappel pour nous tous : soyons ambitieux pour la France : ce sera la meilleure manière de rendre durablement hommage à Raymond Aubrac.


    * Raymond et Lucie Aubrac étaient présidents d’honneur de son comité de soutien, lors de l’élection présidentielle 2002.

     

    Deux initiatives, récentes et remarquables, de Raymond Aubrac :


    -          La Republique doit resister (tribune publiée par le quotidien Le Monde les 1er et 2 avril 2012). Le Contrat Social après guerre est aujourd'hui remis en cause. Seul l'engagement citoyen permettra de le sauver.

    -          Dans une tribune publiée par le quotidien Libération, mercredi 14 mars, Raymond Aubrac et Stéphane Hessel lançaient un "appel des résistants à un vote d'espoir".

     

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    Raymond Aubrac, résistant, patriote républicain, est décédé à 97 ans

       

    Programme TV - Raymond Aubrac : la télé lui rend hommage.
    http://tele.premiere.fr/News-Tele/Programme-TV-Raymond-Aubrac-la-tele-lui-rend-hommage-3317576
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    Fidèle à Raymond Aubrac

    by Patrick Le Hyaric

    C’est avec une immense tristesse que j’apprends le décès de Raymond Aubrac, un juste parmi les justes. L’un de ces hommes qui font l’honneur de la France, dans ce qu’elle a de meilleur.

    Homme de courage, d’intelligence, homme d’une grande droiture, Raymond fait partie de celles et ceux qui ont permis que notre pays et son peuple empêchent le pire dans la résistance dont il était l’un des animateurs et dirigeants, aux côtés des plus connus, de Jean Moulin au général De Gaulle. On le voit encore ces jours-ci, à l’occasion des émissions télévisées qui font suite au feuilleton « Un village français » avec Jean-Pierre Azéma et d’autres résistants.

    Raymond, c’est aussi la participation à la mise en œuvre du programme du Conseil national de la Résistance... 

    Ce fut un grand plaisir, il y a un an de découvrir le film retraçant sa vie écrit et réalisé par Pascal Convert et Fabien Beziat, puis le débat qui a suivi avec Edgar Morin lors d’une initiative des Amis de L’Humanité. Journal auquel il était resté attaché et dont il était l’un des défenseurs.

    Gardons toujours en mémoire l’appel qu’il a lancé avec quelques autres lors du 60e anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance dans lequel ils déclarent : « Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. »

    Quelle force du propos ! De même avec Lucie, ils nous ont laissé cette formidable apostrophe : « Résister, c’est créer ! » Nous voulons y être fidèle. Nous le serons.

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  • A la suite de la publication de la vidéo du haut Magistrat Portelli, Vice-Président au Tribunal de Paris, voir ici,

     

    Vidéo à voir par tous, le message du magistrat Serge Portelli. Alerte !


     


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    J'ai reçu cet admirable commentaire :

     

     

    Merci pour cet appel magnifique, à la fois grave, digne et exposé avec tant de simplicité. Je crois, Monsieur, qu’il y a quelques siècles on aurait pu dire de vous que vous êtes un « honnête homme », en tout cas je suis heureuse d’avoir vu et entendu là un citoyen vrai, qui aime son pays pour ses valeurs et l’humanité tout simplement. Votre message devrait être entendu par tous nos concitoyens, j’aimerais pouvoir passer cette vidéo sur les places de chacune de nos villes, chacun de nos villages. Je crois qu’elle peut toucher même les plus individualistes, les plus inconscients, ceux qui ne voient pas ou refusent de voir l’avenir que quelques uns essaient de construire pour le malheur du plus grand nombre. Il est malheureusement exact que les stratégies utilisées exploitent tous les progrès de la psychologie et que la propagande est presque une science maintenant, insidieuse et sournoise. Aussi, c’est à nous de faire connaître votre message au plus grand nombre, et peut-être d’abord à nos parents, amis, collègues non politisés, non avertis, encore insensibles à la cohérence de toutes ces réformes injustes et apparemment distinctes les unes des autres.

     

     

    Toutefois, je pense que les objectifs réels de notre chef d’Etat n’étaient pas complètement imprévisibles. En vous écoutant, je me suis souvenu de quelques mots que j’avais écrits dans une lettre ouverte au président en décembre 2007, après le discours à l’abbaye de Latran, juste quelques mois après son élection. J’ai recherché, je le prévenais : »… Les Françaises, les Français ne supportent pas qu’on touche à l’intégrité de leur territoire, de leur Histoire, de leur culture. C’est ce qui fait notre identité nationale et c’est aussi pour la défendre que la Résistance s’est dressé pour s’opposer au nazisme. » La situation est plus claire maintenant. La résistance commence à s’installer avec RESF, avec les enseignants et les fonctionnaires « désobéisseurs », des salariés ou pêcheurs ou cultivateurs insurgés, et il faut que le mouvement s’étende, qu’il s’internationalise même si c’est possible.

     

     

     On nous vole notre France, nos valeurs républicaines, on défigure notre Histoire, on détruit les Droits de l’Homme pour construire sur les ruines une société vouée à l’égoïsme et à l’argent. N’avez-vous pas la sensation parfois, comme moi, d’être en pays occupé ?  Si c’est le cas, debout les amis, arrêtons d’être les complices, en travaillant, en consommant, de ces étrangers à nos valeurs humanistes. Nous sommes quand même les plus nombreux !

     

     

    Ma réponse:

     

     

    Danièle, tu es immense.

    Je rends hommage au citoyen Portelli, qui s'exprime avec tant de dignité au nom de nous tous, appel si poignant, au risque de provoquer la colère des adorateurs du Veau d'or de tous poils, au risque de briser sa carrière, pour nous avertir, pour nous inciter à refuser l'intolérable.

     

     

    Je rends hommage à Danièle, qui jusqu'à son dernier souffle (et le sien est précaire, pourtant il nous est si précieux) incarnera l'esprit de résistance dans le sens le plus beau du terme, celui qui est prêt à donner sa vie, sa carrière, son confort, pour les valeurs qui font de l'homme un Homme. Ce texte est si beau que je vais orner mes blogs de celui-ci. Il doit être une lampe pour nous, comme la vie des résistants qui ont tout osé, tout bravé, pour que notre existence soit digne d'être vécue.

     

     

    Serge, Danièle, vous devez être des modèles pour nous tous, et je demande à tous de relayer partout ce texte, surtout auprès de ceux, particulièrement les plus âgés, qui se laissent prendre aux "belles" paroles des communicateurs, oui c'est exactement ce que je pense il devrait être relayé partout, dans les écoles, sur les places publiques, dans les foyers, au travail... TOUS les militants, les syndicalistes, les humanistes, devraient s'emparer de cet appel, et l'orner de celui de Danièle, son alter-ego féminin.

     

     

    Je suis étonnée qu'il n'y ait pas plus de réactions. Et toi, par ex, Babel, qui porte si haut ce site, qu'attends-tu pour nous éclairer ? Tes paroles sont toujours des friandises à déguster, à méditer, à incarner.

     

     

    Il y a des PERLES qu'il faut savoir mettre en valeur. Celle-ci, assurément, doit orner ce site et TOUS les sites, tous les foyers, tous les bureaux, toutes les places publiques. La France est belle, elle ne doit pas l'oublier, sous peine de mourir et avec elle, le monde mourra un peu.

     

     

    Merci Serge, Merci Danièle, votre engagement est lumière. Et nous avons tant besoin de lumière, au milieu des ténèbres d'aiujourd'hui

     

     

    eva




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  • a-genoux-devant-grands.jpg

     

    Bonjour la famille, bonjour les ami(e)s,

    Si vous êtes pressés, sautez ce message car il n'est pas très important. J'ai simplement passé un bon moment mardi et j'ai envie de le partager avec vous.

    Mardi, il y avait la grande manifestation à Paris et mon état de santé et l'âge m'empêchait d'y aller. Alors, comme je l'avais fait pour le CPE à Vélizy, j'ai décidé de faire ma manif individuelle aux Ulis 2. Cette fois, cela a été un peu plus difficile et j'adore ça. J'ai donc collé 6 ou 7 affichettes que j'avais imprilmées sur ma veste et en route, avec ma béquille et mon allure "tortue"...

    Je suis entrée dans la galerie marchande, c'était le calme plat. Sur l'une des affichettes, j'invitais les gens à venir me parler si ils le souhaitaient. Seule une dame est venue me voir pour me faire part de sa sympathie. Espérant trouver plus de gens, je suis entrée dans Carrefour. Il n'y avait pas beaucoup de clients : ils étaient tous en train de manger. Je suis donc montée à la cafétéria et j'ai fait toutes les allées entre les tables. Là, c'était plus intéressant et plus chaleureux. Puis, marche par marche, je suis descendue. En bas, un employé de la sécurité m'attendait :
    - Madame, suivez-moi s'il vous plaït.
    - Pourquoi, Monsieur ?
    - Parce que nous avons eu des plaintes de clients qui mangeaient et que votre passage a indisposés.
    - Alors là, vous ne pouviez pas me faire plus plaisir qu'en me disant cela !
    - Suivez-moi.
    - Où m'emmenez-vous ?
    - Vous sortez du magasin, c'est un lieu privé.
    - Rien à faire, Monsieur. En France, la loi garantit la liberté d'expression et vous n'avez pas à décider de la tenue vestimentaire de vos clients.
      Et je veux acheter du jus d'orange.
    - Alors vous sortez et vous rentrez, mais pas avec votre veste telle qu'elle est.
    - Vous n'allez tout de même pas me demander de retourner ma veste ; ce n'est pas mon style.
    - Vous sortez et vous enlevez les papiers accrochés sur vous.
    - Non, je connais mes droits et vous ne pouvez pas me refuser la vente de mon jus d'orange.
    Après un coup de fil à la hiérarchie :
    - D'accord, mais je vais vous conduire au rayon et ensuite vous partirez.
    - C'est entendu.

    Bien sûr, le rayon des jus de fruits était à l'autre extrêmité du magasin, et me voici partie, clopin-clopant, le plus lentement possible, avec l'employé de la sécurité en costume noir strict à quelques mètres devant moi et qui s'arrêtait pour m'attendre. Cela me rendait encore plus visible et j'ai donc continué tranquillement ma petite manif personnelle en traversant Carrefour. Un monsieur intéressé, est venu me parler et il m'a accompagnée un bon bout de chemin. Il pensait que les réformes étaient inéluctables, indispensables et bénéfiques pour l'avenir.

     

    Nous avons discuté, je crois que j'ai bien ébranlé ses certitudes et personne n'a osé nous interrompre. Arrivée aux jus d'orange, j'ai pris mon pack et j'ai demandé à l'employé de la sécurité d'aller à la caisse la plus proche car j'étais fatiguée. Il m'a fait passer devant les autres clients qui, du coup, se sont intéressés à mes écritures et ont gentiment discuté avec moi, en me remerciant même de mon action. La caissière m'a dit : "Ne passez pas trop vite. Je veux lire." Puis, j'ai rejoint ma voiture car j'étais vraiment très, très fatiguée. Mais, une fois sur la route, je riais toute seule de la cocasserie de mon "équipée".

     

    J'étais contente d'avoir quand même pu participer à cette journée d'action sociale. Je crois que j'ai été quand même un tout petit peu utile et en plus, je me suis vraiment bien amusée. C'est pour cela que j'avais envie de vous le raconter, à vous ma famille, à vous mes amis. 
     
    Danièle (Dugelay). 


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