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    « L’art de la guerre »

    Le nouveau grand défi de Cuba

     

    Pour Manlio Dinucci, il suffit de lire le document officiel de la Maison-Blanche annonçant le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba pour constater que rien n’a changé sur le fond : les États-Unis entendent toujours détruire l’État cubain, mais par des méthodes plus douces que le terrorisme d’État et l’embargo. La prochaine étape sera donc une tentative de « révolution » colorée.

    | Rome (Italie) | 23 décembre 2014
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    Ernesto "Che" Guevara, Raúl Castro, Fidel Castro

    Après qu’en 1959 la révolution cubaine eut mis fin à la domination états-unienne, commencée avec la guerre hispano-US de 1898, les USA ont essayé pendant plus d’un demi siècle de reconquérir Cuba en ayant recours à tous les moyens : de l’invasion au terrorisme d’État, de l’isolement à l’embargo. Mais la résistance du peuple cubain, organisé en « État socialiste de travailleurs, indépendant et souverain » (Art. 1 de la Constitution), a fait échouer la tentative. Le président Barack Obama a été obligé d’en prendre acte, en rétablissant les relations diplomatiques et en allégeant partiellement l’embargo.

    Cette décision est accueillie avec joie par les Cubains et par ceux qui les ont soutenus, en tant que fruit de leur lutte. Mais on assiste en même temps à une vaste campagne qui exhausse aux honneurs de l’Histoire le président Obama, comme s’il avait opéré une coupure nette dans l’agressive politique états-unienne envers Cuba. Interprétation démentie par la Maison-Blanche même. « Des décennies d’isolement de Cuba par les États-Unis —lit-on dans le document officiel— ne sont pas parvenues à réaliser notre objectif : aujourd’hui, comme en 1961, Cuba est gouverné par les Castro et par le Parti communiste ». En rétablissant les relations diplomatiques, « les USA concentrent leurs efforts dans la promotion de l’indépendance du peuple cubain, afin que celui-ci n’aient pas à se fier à l’État cubain ».

    L’administration Obama, donc, ne change pas la stratégie visant à la destruction de l’État cubain. Elle ne change que la façon de la réaliser. Il n’y aura pas de nouveau débarquement type celui de la Baie des Cochons, effectué en 1961, sous la présidence du démocrate Kennedy, par des contre-révolutionnaires cubains entraînés et financés par la CIA. Il y aura, sous la présidence du démocrate Obama, un débarquement d’organisations « non-gouvernementales » (émanation de la CIA et du département d’État), envoyées par Washington pour « des projets humanitaires de soutien au peuple cubain ». Le Congrès des États-Unis —souligne le document de la Maison-Blanche— a attribué d’importants « fonds pour la programmation de la démocratie à Cuba, finalisés pour fournir de l’assistance humanitaire, promouvoir les droits humains et les libertés fondamentales, soutenir le libre flux d’informations, encourager les réformes dans nos contacts à haut niveau avec des fonctionnaires cubains ». Seront en particulier financées « les activités de fondations privées et d’instituts de recherche et d’instruction ».

    Avec les organisations « non-gouvernementales » aux poches pleines de dollars, débarqueront les multinationales étasuniennes qui, écrit le New York Times, sont en train de constituer une « tête de pont » pour pénétrer avec leurs capitaux dans l’économie cubaine, en visant le secteur des biotechnologies (très développé à Cuba), celui des mines (surtout de nickel dont Cuba possède une des plus grandes réserves du monde), le secteur hôtelier et touristique aux grosses potentialités. Le défi qu’a devant lui le peuple cubain est comment empêcher que les conquêtes de la révolution ne soient annulées par la nouvelle offensive menée par Washington avec des outils non moins dangereux que les précédents. Aujourd’hui la situation est plus favorable pour Cuba : une grande partie de l’Amérique latine n’est plus « l’arrière-cour des États-Unis » et Cuba, avec le Venezuela (objet de nouvelles sanctions états-uniennes) et d’autres pays, a donné vie à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba).

    Décisive sera donc une nouvelle génération qui, à Cuba, continue la révolution, en faisant échouer le plan de Washington de démolir l’État socialiste au nom d’une « indépendance du peuple cubain », qui serait une nouvelle dépendance à l’impérialisme états-unien.

    Traduction
    Marie-Ange Patrizio

    Source
    Il Manifesto (Italie)

     

     

    Voir aussi:

    [Vidéo] Pourquoi l’Amérique a-t-elle besoin d’une grande guerre en Europe ?

     

     

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  • Tous ceux qui ne sont pas soumis à Washington doivent disparaître : Hier en Roumanie, en Pologne ("accident d'avion" du Président conservateur qui dérangeait, remplacé par un libéral), en Irak, en Libye, au Honduras, en Afrique ou même en Afghanistan (assassinat du souverainiste Massoud) ou en URSS, aujourd'hui au Vénézuela, en Hongrie, à Hong-Kong, en Tchécoslovaquie, en Syrie, en Russie, etc comme le Brésil. La belle "démocratie" américaine et son compère voyou Israël, sont les vrais Etats terroristes de la planète ! (eva R-sistons)

    Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, pays membre des BRICS, est la prochaine cible de Washington


    Dilma Rousseff, la présidente du Brésil, pays membre des BRICS, est la prochaine cible de Washington

     

     

    Le 26 octobre dernier, Dilma Rousseff a survécu à la massive campagne de désinformation du département d’État US, en gagnant les élections présidentielles à l’arraché contre le candidat soutenu par les USA, Aecio Neves. Cependant, Washington a ouvert un nouveau front contre celle qui est l’un des dirigeants phares du groupe des économies émergentes non alignées, désignées par l’acronyme BRICS, à savoir le , la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.


    Avec sa gamme complète d’assauts financiers pour affaiblir la Russie de Poutine, et une série de déstabilisations visant la Chine, comme la récente révolution des parapluies à Honk Kong, financée par les USA, la présidente du Brésil, aux valeurs objectivement de gauche, est une cible prioritaire afin de stopper ce contrepoids émergeant, face au nouveau (dés-)ordre mondial de Washington.


    La raison qui pousse Washington à se débarrasser de Rousseff est claire. En qualité de présidente, elle est un des cinq dirigeants des BRICS qui ont signé la formation d’une banque de développement pesant 100 milliards de dollars, et un fonds de monnaie de réserve de devises valant également 100 milliards de dollars. Elle soutient aussi l’idée d’une nouvelle devise de réserve internationale pour suppléer, et à terme remplacer le dollar. Elle est soutenue par des millions de Brésiliens à faibles revenus, qui sont sortis de la pauvreté grâce à divers programmes sociaux, en particulier la Bolsa Familia, un programme de subsides économiques pour les mères et les familles pauvres.

    Ledit programme a permis à quelque 36 millions de familles d’échapper à la pauvreté, grâce à Rousseff et aux politiques économiques de son parti, lesquelles donnent des boutons à Wall Street et à Washington.


    La campagne électorale, financée par les USA, conduite par sa rivale, Aécio Neves du parti social-démocrate brésilien (Partido da Social Democracia Brasileira – PSDB), en réalité servait les intérêts des financiers et de leurs alliés à Washington.

    Le conseiller en chef de Neves en matière économique, qui aurait été nommé ministre des Finances si elle avait été élue présidente, était Arminio Fraga Neto, un ami proche et ancien associé de Soros et de son fonds d’investissement « Quantum ». Le conseiller personnel de Neves, et son probable ministre des Affaires étrangères, eût-elle gagné, était Rubens Antônio Barbosa, ancien ambassadeur du Brésil à Washington, et aujourd’hui un dirigeant au conseil d’entreprise d’ASG, basée à Sao Paulo.

     

    La société ASG est le groupe de consulting de Madeleine Albright, ancienne secrétaire d’État US durant les en Yougoslavie. Albright, directrice au sein de l’influant think tank, Council on Foreign Relations (Comité des relations étrangères), est aussi membre de la toute grande ONG du gouvernement US s’occupant des Révolutions de couleur, l’Institut de démocratie nationale (IDN). Sans surprendre personne, Barbosa, durant la campagne récente, appelait à un renforcement des relations du Brésil avec les USA, et à l’atténuation des liens déjà forts avec la Chine, développés par Rousseff au moment où étaient révélées les écoutes d’espionnage US effectuées par la NSA sur Rousseff et son gouvernement [1].


    Le scandale de corruption qui sort du chapeau…


    Durant cette dure campagne électorale entre Rousseff et Neves, le camp de ce dernier commença à lancer des rumeurs sur Rousseff, qui jusqu’alors n’avait jamais été éclaboussée par quelque affaire de corruption que ce soit (une réalité très commune parmi les politiciens brésiliens), insinuant que cette dernière avait trempé dans un scandale impliquant le géant pétrolier national, Petrobas. En septembre, un ancien directeur de cette entreprise affirmait que des membres du gouvernement de Rousseff avaient reçu des commissions pour des contrats signés avec le géant pétrolier, des enveloppes bien garnies pour acheter des parlementaires.

    Rousseff a été jusqu’en 2010 membre du comité directeur de la compagnie [2]. Et le 2 novembre, quelques jours après la victoire ardue de Rousseff, la société US de comptabilité, PriceWaterhouseCoopers, refusait d’avaliser les comptes de troisième trimestre de Petrobras. PWC exigea de plus amples expertises concernant le scandale de corruption impliquant la société publique pétrolière [3].

    PriceWaterhouseCoopers est une des firmes US de comptabilité les plus entachées par des scandales. Elle est liée à quatorze ans de dissimulation de fraude du groupe d’assurances AIG, entreprise qui fut au cœur de la crise financière US de 2008. Et la chambre des Lords britannique, en 2011, devait critiquer PWC pour ne pas avoir souligné les risques du plan financier appliqué par la banque Northern Rock, un désastre conséquent durant la crise financière de l’immobilier britannique en 2008, qui avait été renflouée par le gouvernement UK. Les attaques contre Rousseff ne font que commencer, nous pouvons en être sûrs…

     

    La vision du monde de Rousseff


    Ce n’est pas seulement l’alliance de Rousseff avec les pays du BRICS qui fait de celle-ci un objectif de déstabilisation de première importance pour Washington. Durant son mandat, le Brésil corrige rapidement sa vulnérabilité aux systèmes US de surveillance électronique de la NSA.

    Quelques jours après sa réélection, la firme publique Telebras annonçait le projet de construction d’un câble de télécommunications sous-marin en fibre optique à travers l’ sur 3 500 miles (environ 5 600 km), depuis la ville brésilienne de Fortaleza jusqu’au Portugal. Cela constitue une rupture flagrante, pour les communications transatlantiques, avec la domination technique US. De fait, le président de Telebras, Francisco Ziober Filho, déclarait lors d’un entretien que ce projet n’inclurait aucune compagnie US [4].

    Les révélations de Snowden au sujet de la NSA, en 2013, ont dévoilé, parmi d’autres choses, les liens étroits entre des entreprises de pointe en matière de technologies de télécommunication, comme Cisco Systems ou Microsoft, avec les services de renseignements US. Il rappelait que « la problématique de l’intégrité des données et leur vulnérabilité est toujours un objet d’inquiétude pour toute compagnie de télécommunications ». Le Brésil a réagi aux écoutes de la NSA en entreprenant de massifs audits de tous les équipements fabriqués à l’étranger, afin d’estimer leur vulnérabilité en matière de sécurité, et a accéléré son processus d’ technologique dans le domaine des communications sécurisées, selon le chef de Telebras.

    Jusqu’à ce jour, à peu près toutes les communications trans-atlantiques transitaient par la côte Est des USA vers l’Europe et l’Afrique, un avantage déterminant en matière d’espionnage, pour Washington.

    En réaction aux révélations de Snowden, le gouvernement de Rousseff mit un terme à tout accord contractuel avec Microsoft, en ce qui concerne les services de courrier Outlook.


    Au contraire, le Brésil travaille de plus en plus de manière nationale, avec son propre système de courriel électronique appelé Expresso, développé par la société publique Servico Federal de Processamento de Dados (Serpro). Expresso est déjà utilisé par 13 des 39 ministères brésiliens. Le porte-parole de Serpro, Marcos Melo, déclarait : « Expresso est 100 % sous notre contrôle ». Vrai ou faux, il est clair qu’avec Rousseff et son parti, le Brésil poursuit ce qu’elle considère comme étant le meilleur intérêt national [5].


    Le pétrole dans le monde, aussi un enjeu


    Le Brésil s’éloigne aussi de la main mise anglo-américaine dans l’exploration pétrolifère ou gazière. Fin 2007, Petrobras découvrait ce qui est considéré comme une immense réserve de pétrole de haute qualité, et ce au large du continent brésilien, dans le bassin du Santos. Depuis lors, Petrobras a foré onze puits dans ce bassin, tous prometteurs.

    Dans les seules régions de Tupi et Lara, Petrobras estime qu’il y a entre 8 et 12 milliards de barils de pétrole à exploiter, ce qui peut presque doubler les réserves brésiliennes de pétrole. Au total, le gisement continental brésilien pourrait contenir plus de 100 milliards de barils, transformant le pays en une des grandes puissances pétrolières et gazières, des réserves qu’Exxon et Chevron, les géants US, ont tenté avec acharnement de contrôler [6].

    En 2009, selon des diplomatiques US révélés et publiés par le site Wikileaks, le consulat US de Rio notait qu’Exxon et Chevron s’efforçaient en vain de faire modifier une loi proposée par le mentor de Rousseff, et son prédécesseur au parti des travailleurs brésiliens, le président Luis Inacio Lula da Silva, dit Lula.

    Cette loi de 2009 faisait de la société d’État Petrobras l’opérateur en chef de toutes les zones de forage au large des côtes [7]. Washington et les géants US du pétrole étaient furieux de perdre le contrôle sur ce qui était potentiellement l’unique découverte majeure de réserve de pétrole depuis des décennies.

    Pire, aux yeux de Washington, non seulement Lula avait poussé vers la sortie ExxonMobil et Chevron, en donnant le contrôle stratégique à la société publique Petrobras, mais il ouvrit aussi la voie à l’exploration pétrolifère de l’espace brésilien à la Chine. En décembre 2010, lors de l’un de ses derniers actes officiels en qualité de président, il supervisa la signature d’un accord entre la société hispano-brésilienne Repso, et la société d’État chinoise Sinopec International Petroleum Service, opérant au Brésil, et cela dans le cadre d’une nouvelle alliance stratégique entre la Chine et le Brésil, un meneur actuel dans l’organisation des BRICS [8].

     

    Washington n’était pas ravi…


    En 2012, durant un forage d’exploration conjoint, regroupant Repsol Sinopec Brazil, la compagnie norvégienne Statoil et Petrobras, une découverte majeure fut faite à Pão de Açúcar, troisième puits du bloc BM-C33, qui inclut le Siège et Gávea, ce dernier site étant une des dix plus grandes découvertes de 2011. Les USA et la Grande-Bretagne étaient absolument absents [9].

    Comme les relations entre le gouvernement de Rousseff et la Chine, ainsi qu’avec la Russie et les autres partenaires des BRICS s’intensifiaient, en mai 2013 le vice-président Joe Biden se rendit au Brésil où son agenda se résumait aux développements gaziers et pétroliers. Il rencontra la présidente Dilma Rousseff, qui succéda à son mentor Lula en 2011. Biden rencontra aussi des entreprises en énergie d’importance au Brésil, notamment Petrobras [10].

    Peu de cela fut rendu public, mais Rousseff refusa de modifier la loi sur le pétrole de 2009 en des termes favorables à Biden et à Washington. Quelques jours après la visite de Biden surgirent les révélations de Snowden sur la NSA, faisant notamment savoir que les USA avaient aussi espionné Rousseff et de hauts cadres de Petrobras. Elle était livide, et dénonça l’administration d’Obama en septembre devant l’Assemblée générale de l’ONU pour violation de la loi internationale. Elle annula une visite planifiée à Washington en signe de protestation. Après cela, les relations US-Brésil prirent l’eau…


    L’aigle US camouflé sous un gentil oiseau gazouillant tweet !

     

     

    L’aigle US camouflé sous un gentil oiseau gazouillant tweet !


    Avant la visite de Biden en mai 2013, Dilma Rousseff bénéficiait d’une cote de popularité de 70 %. Moins de deux semaines plus tard, des protestations d’échelle nationale, bien organisées par un groupe appelé Movimento Passe Livre, se mobilisaient contre une augmentation de dix centimes du ticket de bus, amenant le pays virtuellement à l’arrêt, et tombant dans la violence [11]. Les manifestations portaient la marque des typiques révolutions de couleurs ou déstabilisations à la Twitter, qui semblent suivre Biden où qu’il se rende. En quelques semaines, la popularité de Rousseff chuta à 30 %.

    Washington avait clairement envoyé un message à Rousseff : qu’elle change de direction, sans quoi elle aurait de sérieux problèmes à gérer. Maintenant qu’elle est réélue, avec sa victoire sur les oligarques de droite très bien financés ainsi que sur l’opposition, Washington essaiera avec une nouvelle vigueur de se débarrasser d’un autre dirigeant des BRICS, dans une tentative de plus en plus désespérée de maintenir le statu quo. On dirait que le monde ne se met plus au garde-à-vous, comme durant les décennies passées, quand Washington donnait l’ordre du jour. L’année 2015 sera une rude aventure, pas seulement pour le Brésil, mais aussi pour le monde entier…

     

    William Engdhal
    Traduit par Geoffrey, relu par Sylvain pour vineyardsaker.fr


    Notes


    [1] H. R. Resolution N 758. US Lawmakers Push Europe to Big War (strategic-culture.org, , 12-12-2014) & Selon Ron Paul, le projet de loi 758 contient 16 pages de propagande de guerre qui feraient même rougir les néoconservateurs (vineyardsaker, français, 06-12-2014)

    [2] Dilma Rousseff: Brazil’s ‘Iron Lady’ (bbc.com, anglais, 27-10-2014)

    [3] Auditor refuses to sign off Brazil Petrobras’ Q3 results -Estado (reuters.com, anglais, 01-11-2014)

    [4] Brazil-to-Portugal Cable Shapes Up as Anti-NSA Case Study (bloomberg.com, anglais, 30-10-2014)

    [5] ibidem

    [6] Brazil’s Pre-Salt Layer, par Idel Waisberg (stanford.edu, anglais, 03-12-2011)

    [7] Viewing cable 09RIODEJANEIRO369, CAN THE OIL INDUSTRY BEAT BACK THE PRE-SALT LAW? (wikileaks.org, anglais, 02-12-2009)

    [8] Repsol Sinopec Brazil

    [9] Repsol makes a significant oil discovery in the Campos Basin, one of the thickest hydrocarbons columns drilled in Brazil (repsol.com, anglais, 27-02-2012)

    [10] Biden’s Brazil Focus Likely to Be Energy, Experts Say (usnews.com, anglais, 28-05-2013)

    [11] Violent Protests Over Bus Fare Hike Spread Across Brazil  (abcnews.go.com, anglais, 16-06-2013)

    Source : BRICS’ Brazil President Next Washington Target (journal-neo.org, anglais, 18-11-2014)

    William Engdhal est un conférencier et consultant en matière de risque stratégique, il détient une licence en sciences politiques de l’université de Princeton et est un auteur à succès de livres traitant du pétrole et de se géopolitique, exclusivement pour le magazine New Eastern Outlook

    http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/12/dilma-rousseff-la-presidente-du-bresil-pays-membre-des-brics-est-la-prochaine-cible-de-washington/

     

    http://reseauinternational.net/dilma-rousseff-la-presidente-du-bresil-pays-membre-des-brics-est-la-prochaine-cible-de-washington/


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    russia-war

    Des USA, appel aux armes

    Mondialisation.ca, 9 décembre 2014

    La Chambre des représentants des Etats-Unis dAmérique a adopté (4 décembre 2014) quasiment à lunanimité (411 voix contre 10) la Résolution 758[1], qui « condamne avec force les actions de la Fédération Russe, sous la présidence de Vladimir Poutine, pour avoir opéré une politique dagression visant à la domination politique et économique de pays voisins », en particulier lUkraine que « la Fédération Russe a soumis à une campagne dagression politique, économique et militaire dans le but détablir sa domination sur le pays et deffacer son indépendance ».

    La résolution balaie ainsi toute lhistoire de la pénétration USA/Otan en Ukraine, jusquau putsch de Place Maïdan organisé pour susciter la réaction des Russes dUkraine et de la Fédération Russe, ramenant lEurope à une nouvelle guerre froide. La résolution appelle donc le Président à fournir au gouvernement ukrainien armes, entraînement et renseignement, et en même temps à revoir « létat de préparation des forces armées USA et Otan ». En accusant la Russie de violer le Traité Inf[2], qui en 1991 a éliminé en Europe les missiles nucléaires à moyenne portée lancés depuis le sol (parmi lesquels ceux USA stockés à Comiso, Sicile), la résolution demande au Président de « revoir lutilité du Traité Inf pour les intérêts des Etats-Unis » avec la possibilité de « se retirer du Traité » (non par hasard au moment où les USA modernisent les armes nucléaires quils conservent en Europe, Italie comprise).

    La résolution sollicite en outre le Président pour quil vérifie si chaque allié est en mesure de contribuer à l « autodéfense collective sur la base de larticle 5[3] du Traité de lAtlantique Nord ». Cet article, qui oblige tous les membres de lAlliance à intervenir si lun dentre eux est attaqué, est de fait étendu aujourdhui aussi à lUkraine, bien quelle ne soit pas encore officiellement membre de lOtan. Les alliés se trouvent directement sollicités, dans la résolution, pour « fournir leur plein quota de ressources nécessaires à la défense collective », cest-à-dire à accroître la dépense militaire sur la base de lengagement pris de le porter à au moins 2% de leur PIB.  Ce qui implique pour lItalie laugmentation des actuels 52 millions deuros par jour, selon les chiffres officiels de lOtan (72 selon les chiffres du Sipri), à plus de 100 millions deuros par jour.

    Sur le plan économique, pour « réduire la capacité de la Russie à utiliser les fournitures énergétiques comme moyen de pression », la résolution appelle lUnion européenne à « soutenir les initiatives de diversification énergétique » entreprises par les USA, notamment « laugmentation des exportations de gaz naturel et dautres types dénergie par les Etats-Unis » vers lUe, lUkraine et dautres pays européens. En dautres termes, elle appelle lUe à renoncer à limportation de gaz russe (et pour cela les USA ont enterré le gazoduc South Stream) pour importer celui liquéfié (par ailleurs beaucoup plus cher) fourni par les multinationales étasuniennes.

    La résolution enfin appelle le Président à développer une stratégie pour « produire et diffuser des informations en langue russe dans des pays ayant des secteurs significatifs de population qui parlent russe », en maximalisant lutilisation des émetteurs « La voix de lAmérique » et « Radio Europe Libre /Radio Liberté » à travers « un partenariat public-privé » avec des médias nationaux. En relançant ainsi en Europe lhystérisme propagandiste de la guerre froide.

     

    Voici, en résumé, le contenu de la Résolution 758[4] qui, après quelle aura été approuvée aussi au Sénat, deviendra une véritable loi pour lactuelle et les futures administrations.

    Et en même temps une déclaration officielle de guerre à la Russie qui, à travers lOtan, ramène lEurope en première ligne d'une nouvelle confrontation militaire périlleuse.


     Manlio Dinucci

    Géographe et journaliste

     

    Edition de mardi 9 décembre 2014 de il manifesto

    http://ilmanifesto.info/dagli-usa-chiamata-alle-armi-in-ucraina/

    Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio

     

    Apostille de la traductrice pour la version française :


    Pour des chiffres précis sur le montant de la contribution française au «  plein quota de ressources nécessaires à la défense collective » recommandée par la résolution 758 du Congrès étasunien, on peut sadresser à Madame la députée Patricia Adam, Présidente de la Commission défense à lAssemblée nationale, et membre de la Délégation française à l’assemblée parlementaire de l’Otan.

    Rappel de la Loi de programmation militaire pour les années 2014 à 2019, sur le financement des opérations extérieures (http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta-commission/r1551-a0.asp ), article 5.3. :

    « La présente programmation retient un montant de 450 M euros pour la dotation prévisionnelle annuelle au titre des opérations extérieures.

    En gestion, les surcoûts nets (hors titre 5 et nets des remboursements des organisations internationales) non couverts par cette dotation qui viendraient à être constatés sur le périmètre des opérations extérieures font lobjet dun financement interministériel ».

    Financement interministériel : on pourra donc aussi demander à Madame Adam quels autres ministères français contribuent au pourcentage, fixé par lOtan, quelle a consciencieusement rappelé en séance de lAN, pour « passer un cap difficile, mais ayons conscience que laugmentation de nos capacités militaires est désormais indispensable en attendant, comme cela a été dit par le ministre lui-même, de pouvoir retrouver meilleure fortune ainsi que les 2 % du PIB ». http://www.nosdeputes.fr/14/seance/3682#inter_76ba075b143268d8d78248c5911910be .

     


    [3] http://www.nato.int/terrorism/cinq.htm ; on remarquera que cette page concernant lart. 5 sur le site de lOtan est disponible (depuis février 2005) en quatre langues : anglais, français, ukrainien et russe.

    [4] Le lecteur (et contribuable) français appréciera en particulier le bon accueil fait par le Congrès étasunien à « la décision de la France de suspendre la livraison des navires Mistral à la Fédération Russe » : « Welcomes France’s decision to suspend the delivery of the Mistral-class warships to the Russian Federation ». 

    Copyright © 2014 Mondialisation.ca

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    De la province de Hong Kong jusqu’au lointain Xinjiang…, Beijing commence à comprendre le petit jeu sournois de Washington baptisé « Changeons le régime »

    De la province de Hong Kong jusqu’au lointain Xinjiang…, Beijing commence à comprendre le petit jeu sournois de Washington baptisé « Changeons le régime »

     

    Même si elle a un nom sympa, la récente révolution à Hong Kong suit assez bien le schéma standard de changement de régime et de déstabilisations politiques formatées par les USA. Et les Chinois n’ont pas besoin de sous-titres !


    Désormais, nous savons que la Russie connaît bien les méthodes des changements de régime, dont l’empire du Chaos use et abuse afin de maintenir sa suprématie. C’était apparu très clairement dans l’allocution de Poutine au Club Valdaï :

    « De fait, depuis un bout de temps, nos collègues (les USA) ont tenté de gérer les dynamiques politiques, en utilisant les conflits régionaux et en concevant des “révolutions de couleur” correspondant à leurs intérêts, mais… le génie aux trois vœux s’est échappé de la bouteille. Il semble que les pères de la théorie du “chaos sous contrôle” ne savent plus eux-mêmes qu’en faire ; c’est une complète débandade dans leurs rangs. »

    La Chine a aussi été l’objet de tentatives de changement de régime dans sa province du Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, et plus récemment à Hong Kong. La question est : dans quelle mesure la Chine est-elle consciente du rôle des USA dans ces mouvements de protestation ? Une récente vidéo sur Youtube fait clairement apparaître que la Chine a une très nette compréhension de l’échiquier géopolitique et de ses enjeux, même s’il n’est pas sûr que les opinions présentées sont celles du peuple chinois en général.

    La vidéo relève douze étapes utilisées par les USA pour changer un régime politique, et poursuit en expliquant comment ces dynamiques de changement de régime, partout dans le monde, ainsi que l’antagonisme envers la Russie et la Chine, s’inscrivent dans un schéma qui pourrait mener à la troisième guerre mondiale.

     

    Occupy Central : les 12 étapes des USA pour pousser la Chine à une troisième

    guerre mondiale (25:37)
    (chinois sous-titré en )

     

     


     


    Les douze étapes employées par les USA pour changer un régime
    (telles qu’explicitées dans la vidéo)

    1. Envoyer des agents de la CIA, du M16 et d’autres officines vers le pays cible, comme touristes, étudiants, volontaires, hommes d’affaires ou encore journalistes.
    2. Lancer des ONG estampillées h», luttant pour la et les droits de l’homme, afin d’attirer les promoteurs de la liberté et des idéaux supérieurs.
    3. Attirer les traîtres, en particulier des universitaires, des politiciens, des journalistes, des soldats, etc., par l’, ou le chantage, pour ceux qui ont commis quelque chose de répréhensible.
    4. Si le pays a des syndicats, les contrôler par la .
    5. Choisir une appellation sympa ou une couleur pour la révolution, par exemple le printemps de Prague (1968), la révolution de velours dans l’Est-européen (1969), la révolution des roses en Géorgie (2003), la révolution du cèdre au Liban (2005), la révolution orange en , la révolution verte en Iran, la révolution de jasmin, le ou encore la révolution des parapluies à Hong Kong.
    6. Commencer des manifestations sur n’importe quel motif, juste pour lancer la révolution. Ça peut être les droits de l’homme, la démocratie, la corruption du gouvernement, une fraude électorale. Pas de preuves nécessaires, une justification suffit.
    7. Écrire les calicots et autres banderoles en anglais, afin qu’ils puissent être lus aux USA, et ainsi impliquer les politiciens et citoyens américains.
    8. Laisser les politiciens, les intellectuels et syndicalistes corrompus rejoindre les manifestations, et en appeler au peuple pour qu’il se joigne à eux, toute doléance étant la bienvenue.
    9. Faire en sorte que les médias officiels, tant US qu’européens, soulignent que la révolution est causée par l’injustice, de façon à gagner l’opinion de la majorité silencieuse.
    10. Quand le monde entier regarde, monter une opération sous fausse bannière. Le gouvernement ciblé sera très vite déstabilisé, et perdra du crédit auprès de son propre peuple.
    11. Faire intervenir des agents provocateurs, pour forcer la police à utiliser la violence. Le gouvernement ciblé perd alors soutien des autres pays et devient délégitimé aux yeux de la communauté internationale.
    12. Envoyer des politiciens locaux aux USA, en et aux Nations-Unies demander des sanctions économiques à l’encontre du gouvernement ciblé, des zones d’exclusion aérienne, voire des frappes aériennes, et soutenir un soulèvement de rebelles armés.

    Quiconque a fait un peu attention aux événements récents de ce monde peut reconnaître le schéma décrit. Les psychopathes ne sont pas à ce point imaginatifs. Ils utilisent jusqu’à la corde les mêmes méthodes, encore et encore. Et la plupart du temps, cela bénéficie à ces psychopathes qui gouvernent, pour qui ça ne pose pas de problèmes si, une fois leur marionnette installée au pouvoir, on révèle leur rôle dans la combine. Les médias de masse, serviles et obéissants, sont toujours disponibles pour poursuivre le travail de et annihiler toute contestation qui dévoilerait la main du marionnettiste derrière le décor, ou salir des réputations, quand les arguments manquent. Un exemple édifiant de ce genre de situation est à trouver à Hong Kong, dans les événements récents, est à voir dans un article intitulé Le New York Times part en vrille à propos de la liberté d’association en Chine [1].

    Et, ça tombe bien, la mémoire du grand public est assez courte, avec les distractions à la sauce d’Hollywood, les médias sociaux sur internet, et carrément la Loi constitutionnelle [2] au sens strict pour faire bonne mesure.

     

    La vidéo se poursuit :

    « Si les douze étapes n’aboutissent pas à renverser le régime, les USA trouvent une excuse pour intervenir militairement et finalement faire tomber le gouvernement ciblé par la force. En fait, cette démarche a montré son efficacité.
    […]
    Ainsi ce n’est pas par des mouvements civils spontanés que des pays sont renversés. Bien au contraire, les révoltes sont préparées avec soin, et orchestrées jusqu’au moindre détail. En fait, renverser un pays par civils interposés est de loin meilleur marché qu’envoyer des troupes pour attaquer et détruire ledit pays. C’est pourquoi les USA continuent à appliquer ces douze étapes contre les pays qu’ils considèrent comme des ennemis. »

    La vidéo blâme les francs-maçons, mais il serait plus pertinent d’accuser l’élite psychopathe. Un de ses traits majeurs est le fait qu’elle n’a aucune conscience spirituelle, et donc se moque absolument des souffrances humaines, et même du nombre de morts occasionné. On pourrait même avancer qu’elle goûte la souffrance…

    Comme toujours, il ne tient qu’à nous de prendre conscience de ce cauchemar et de nous réveiller, de comprendre qu’il y a, parmi nous, des prédateurs dénués de valeurs éthiques ou d’humanité. C’est devenu plus facile, à mesure que l’empire du Chaos, dans sa lutte désespérée pour maintenir son hégémonie, montre sa vraie nature, à qui veut voir. Et ainsi donc, l», une réalité que les pays des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), et même d’autres, commencent à pleinement saisir. Il est certain qu’une plus grande coopération parmi ces pays a permis de diffuser la prise de conscience du modus operandi de ces psychopathes. La vidéo référencée ci-dessus en est une de ses illustrations.


    Aeneas Georg
    Traduit par Geoffrey, corrigé par Sylvain

    Notes

    [1] Sott Exclusive: The NYT goes batty over China’s freedom of association (sott.net, anglais, 13-11-2014)

    [2] La Loi constitutionnelle (cassiopaea.com, anglais)

    Source : From Hong Kong to Xinjiang…: Beijing is Catching on to Washington’s Insidious “Regime Change Tactics” (Global Research, anglais, 20-11-2014)

    http://www.vineyardsaker.fr/2014/12/05/de-la-province-de-hong-kong-jusquau-lointain-xinjiang-beijing-commence-saisir-le-petit-jeu-sournois-de-washington-baptise-changeons-le-regime/

     

    http://reseauinternational.net/de-la-province-de-hong-kong-jusquau-lointain-xinjiang-beijing-commence-comprendre-le-petit-jeu-sournois-de-washington-baptise-changeons-le-regime/


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    La spéculation contre les Etats, le non-droit érigé en Droit ! Introduction d'eva R-sistons

     

     

    Alerte ! Des pays peuvent être traînés en Justice par des fonds vautours ! Ces Fonds spéculent sur la dette, qu'ils achètent à bas prix. Ils spéculent contre les Etats endettés !

     

    Si les Etats peuvent être poursuivis par des Fonds vautours, spéculatifs, c'est parce que cette ignoble activité est légale aux USA. Et on veut bientôt importer le modèle américain en Europe, avec le Grand Marché Transatantique ? Quelle horreur ! 

     

    Si on ne déclare pas illégales ces activités sordides et voyous, les pays peuvent être traînés en Justice et finir par être ruinés !

     

    La Finance devient folle, elle broie Etats et populations, c'est absolument intolérable ! Réagissons ! Et dehors le modèle américain sacrifiant tout au profit pour quelques-uns ! Basta la propagande des médias présentant les USA comme notre ami, notre sauveur !  Comme François Mitterrand l'a dit quelques jours avant sa mort, les USA sont notre ennemi ! Guerres, chaos, putschs comme en Ukraine, remplacement de dirigeants par des pions ou des dictateurs, fausses révolutions, formation et soutien du terrorisme international, drones tueurs illégaux, etc, ça suffit !

     

    eva R-sistons

    Le scandale des fonds vautours face à l’Argentine.

    Dimanche 22 juin 2014     

    Blog d'Olivier Berruyer

    19Juin 2014

    Le scandale des fonds vautours

    face à l’Argentine

     

    Reprise de 2 articles, je manque de temps, partant uen semaine en Crète demain pour un peu de repos bien mértié (la modératon sera donc très lente).

    Cependant, je lance simplement deux règles simples, qui devraient être inscrites dans le Droit international pour règler une fois pour toutes le sort des fonds vautours :

    1. Un État ne rembourse jamais le titulaire d’une obligation publique pour plus cher que 100 %(ou même 130 %, si on veut un peu de liquidité en cas de problèmes) du prix qu’a été achetée l’obligation. 

    2. La loi régissant une obligation publique est toujours celle du pays émetteur – aucun autre État n’a donc de compétence pour en condamner un autre.


    Les États-Unis disjonctent de plus en plus :

    • après Guantanamo, on a vu la vision des USA de la torture et de la détention sans jugement et sans avocat ;
    • après Snowden, on a vu une volonté totalitaire d’espionner le monde entier, façon 1984 ;
    • après Snowden, le message était donc “N’utilisez plus de matériels ni de services informatiques américains” ;
    • après l’Ukraine, on a vu la volonté de refaire la guerre froide pour des choses sans grand intérêt ;
    • après l’Ukraine, le message était : “N’utilisez surtout plus les services et plateformes financières américaines type Mastercard ou Swift” ;
    • après l’amende BNP (même méritée), le message était : “N’utilisez surtout plus le dollar” ;
    • après l’Argentine, le message est : “N’utilisez surtout plus le droit américain pour vos émissions de dette”…

    To be continued…

    Pourquoi des fonds vautours ont-ils gagné face à l’Argentine ?

    Reprise d’un article de La Croix

     

    La Cour suprême des États-Unis a refusé de se saisir d’un ultime recours de l’Argentine sur sa dette. 

    La haute Cour confirme ainsi la décision d’une cour d’appel de New York qui, en août 2013, avait condamné l’Argentine à rembourser ses créances aux fonds spéculatifs – dits « vautours » – NML Capital et Aurelius Management. La présidente argentine Cristina Kirchner a assuré que le pays n’allait « pas se déclarer en défaut de paiement ».

     

    Par Michel Aglietta, conseiller scientifique au CEPII :


    « Cette décision est navrante. Elle est le résultat d’une campagne de lobbying menée à Washington avec des moyens considérables par ces fonds vautours. C’est la victoire de la vision anglo-saxonne de la justice, fondée sur le droit coutumier. Ce droit donne plus d’importance aux intérêts privés qu’aux intérêts collectifs. Les spéculateurs ont ainsi gain de cause face au peuple argentin. Dans cette vision, le droit de la propriété privée doit l’emporter sur tout autre intérêt économique.

    « C’est l’argent qui fait de l’argent qui a gagné face à l’argent qui a une utilité économique et sociale »

    Revenons sur l’histoire récente de la dette argentine. En 2002, face à l’écroulement du pays, ses créanciers ont accepté des rabais, des rééchelonnements, histoire de ne pas perdre la totalité de leur mise. C’est dans ce climat que des hedge funds – ces fonds vautours – ont racheté des titres de la dette argentine, dont la majorité des investisseurs voulait se débarrasser. Ils les ont rachetés à bas prix. Ils ont ensuite dépensé leur énergie à exiger un paiement du pays. Ils ont donc eu gain de cause. C’est l’argent qui fait de l’argent qui a gagné face à l’argent qui a une utilité économique et sociale.

    On pouvait espérer que la crise financière de 2008 avait modifié les comportements. Ce n’est pas le cas. Les spéculateurs purs et durs ont gagné sur les investisseurs à long terme. C’est regrettable d’un point de vue moral. C’est également regrettable sur le plan financier. Depuis la crise de 2008, les banques centrales soutiennent l’activité en injectant massivement des liquidités. L’économie réelle a besoin que ces liquidités se fixent sur le long terme dans des investissements qui relancent la croissance, qui luttent contre le changement climatique.

    « La croissance actuelle se fait sur la base de la spéculation »

    Or, les détenteurs de ces liquidités préfèrent spéculer. Ils se portent, par exemple, sur les pays émergents, avant d’en sortir à la moindre annonce d’un possible relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis, ce qui leur assurerait une meilleure rémunération. Voilà, pourquoi les pays développés courent après une croissance solide. La croissance actuelle se fait sur la base de la spéculation. C’est le cas en Grande-Bretagne où elle s’explique par une nouvelle flambée immobilière. Dans ce contexte, ce n’était pas le moment d’envoyer le type de signal que vient de donner la Cour Suprême ! »

    Recueilli par Pierre Cochez

    L’Argentine souhaite rembourser sa dette mais refuse de payer les fonds vautours

    Article de La Tribune

    L’Argentine rejette le jugement américain qui l’oblige à rembourser sa dette aux fonds vautours, qui pourrait l’exposer à hauteur de 15 milliards de dollars. Mais elle insiste aussi sur sa volonté de rembourser ses créanciers “coopératifs”.

    L’Argentine veut honorer ses dettes, mais se refuse à appliquer sous sa forme actuelle un jugement américain la contraignant à payer plus d’un milliard de dollars à deux fonds spéculatifs, ce qui pourrait provoquer à terme un nouveau défaut de paiement.

    15 milliards de dollars potentiels à rembourser

    Le gouvernement de la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner a en effet annoncé mardi qu’elle entendait négocier avec Thomas Griesa, le juge qui a prononcé l’arrêt de la Cour d’appel de New York, confirmé lundi par la Cour suprême des Etats-Unis.

    Nous allons envoyer nos avocats pour parler avec le juge Griesa“, a déclaré le ministre argentin de l’Economie Axel Kicillof. Car, “si le jugement s’applique, l’Argentine se verrait obligée de payer aux fonds vautours non pas 1 milliard de dollars mais 15 milliards, et cela conduirait l’Argentine au défaut de paiement. Mais soyez tranquilles, nous n’arriverons pas à ce stade“, a-t-il ajouté.

    Certes, le jugement condamne l’Argentine à ne verser que 1,4 milliard de dollars à NML Capital et à Aurelius Management. Mais ce jugement a créé un précédent, et les autres fonds qui ont refusé les restructurations de la dette argentine pourraient exiger le même traitement. Comme le dit Axel Kicillof, Buenos Aires pourrait alors avoir à verser quelque 15 milliards de dollars.

    Or, un remboursement aussi important serait impossible à l’heure où la banque centrale d’Argentine ne dispose que de 28,5 milliards de réserves en dollars, sur fond de déficit énergétique et d’amorce de récession économique.

    “Mettre au tapis la restructuration de la dette argentine”

    Depuis la faillite de 2001, Buenos Aires rembourse progressivement sa dette envers 93% des créanciers privés qui ont consenti en 2005 et 2010 une remise de dette d’environ 70%. Mais les 7% restant, des fonds spéculatifs, ont refusé cet accord et activé l’option judiciaire pour réclamer 100% de la valeur nominale de bons qu’ils avaient achetés à bas prix.

    “Ils veulent mettre au tapis la restructuration de la dette argentine (…) Une clause dans les bons et dans la législation argentine dit que nous ne pouvons pas faire une meilleure offre à un autre créancier”, a mis en avant le ministre argentin.

    “Si une sentence nous dit ‘suicidez-vous’, on ne peut pas l’accepter”, a lancé le ministre, un proche de Mme Kirchner.

    Il a ensuite souligné que les deux fonds spéculatifs victorieux de leur combat judiciaire contre l’Argentine n’avaient jamais prêté d’argent à l’Argentine. “Ils ont racheté des titres pour 48,7 millions de dollars et un juge des Etats-Unis leur dit qu’il doivent encaisser 832 millions“, dénonce-t-il.

    Buenos Aires n’emprunte plus sur les marchés de capitaux

    Surfant depuis 2002 sur d’importants revenus tirés des exportations agricoles dopées par la flambée du prix des matières premières, l’Argentine a soldé sa dette avec le FMI en 2006 et conclu le mois dernier un accord avec le Club de Paris.

    Depuis 2001, Buenos Aires a renoncé à lever des fonds sur les marchés internationaux de capitaux. Lundi soir, la présidente de centre gauche s’est adressée aux 41 millions d’Argentins, et s’est élevée contre les fonds vautours coupables selon elle d’”extorsion“. Mais elle a réaffirmé sa volonté de rembourser les créanciers “coopératifs“. Pour gagner du temps, elle peut notamment demander à la Cour suprême des Etats-Unis une révision du jugement.

    S&P dégrade, le FMI s’inquiète

    L’agence de notation financière Standard and Poor’s a abaissé mardi de deux crans la note de la dette de l’Argentine, soulignant que le jugement américain “augmente les risques” d’un défaut de paiement argentin.

    S&P établit toutefois une stricte délimitation: selon elle, l’Argentine ne sera considérée en défaut que dans la seule hypothèse où elle ne parviendrait pas à payer ses créanciers coopératifs. Le non-remboursement des deux fonds “vautours” ne suffira en revanche pas à lui attribuer ce statut redouté par les pays et les investisseurs, précise l’agence.


    Selon les experts, le litige autour de la dette argentine pourrait menacer les futures restructurations de dette publique en incitant les créanciers à refuser tout compromis avec les États. Mardi, le FMI s’est notamment dit “inquiet de potentielles implications plus vastes pour l’ensemble du système“, estimant que le jugement pourrait menacer dans le monde les futures restructurations de dette publique.

     

    http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-le-scandale-des-fonds-vautours-face-a-l-argentine-123952231.html

     


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